Il est souvent mis en avant que si l’on ne souhaite pas forcément se faire vacciner pour se protéger soi-même, il faut le faire au moins pour protéger les autres. Cet appel à l’altruisme et la responsabilité est bien entendu manipulatoire puisqu’il culpabilise les gens et fait pression sur eux : s’ils ne se vaccinent pas, c’est qu’ils sont égoïstes et irresponsables, mettant en danger la vie d’autrui. La réalité est tout autre : à l’heure actuelle, les résultats préliminaires qui ont permis la mise en marché conditionnelle des différents vaccins ne permettent pas de savoir si les vaccins protègent des infections asymptomatiques et on ne connaît pas leur impact sur la transmission virale.


Argument détaillé

 

1 – Résultats au moment de la mise en marché des vaccins

1.1 – Le vaccin Pfizer

L’étude du vaccin n’a pas été désignée pour répondre à la question de la transmission du virus par les personnes vaccinées, ce n’est pas un des objectifs de l’étude décrite dans le dossier d’AMM conditionnelle. que nous avons déjà retranscrite plus haut.

En p97 de l’AMM conditionnelle, il est noté qu’à l’heure actuelle, on ne sait pas si le vaccin protège des infections asymptomatiques et on ne connait pas son impact sur la transmission virale : “it is presently not known if the vaccine protects against asymptomatic infection, or its impact on viral transmission.””

Dans sa note du 24 décembre 2020 sur le vaccin Pfizer, la Haute Autorité de Santé déclare que son efficacité vaccinale sur la transmission virale n’a pas été évaluée.

 

1.2 – Le vaccin Moderna

De même pour le vaccin Moderna dans sa note du 08 janvier 2021.

 

1.3 – Le vaccin AstraZeneca

Empêche-t-il l’infection et la transmission ?

L’OMS répond le 11 février 2021 :

On ne dispose pas de données suffisantes concernant l’impact de l’AZD1222 sur la transmission ou l’excrétion virale.

Et poursuit : “en attendant, il convient de maintenir et de renforcer les mesures de santé publique efficaces : port du masque, distanciation physique, lavage des mains, hygiène respiratoire en cas de toux ou d’éternuement, évitement des foules et bonne ventilation des lieux clos”.

 

2 – Pas de protection contre la contamination en l’état des connaissances

Le Pr Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations, a indiqué que « le vaccin stoppe la maladie au niveau des poumons mais pas forcément l’entrée du virus dans le corps, c’est là le problème. Pour qu’il empêche la transmission, il faut qu’il bloque la pénétration du virus au niveau de ces voies aériennes. » Il estime donc qu’un malade, ayant quelques symptômes sans forme grave, pourrait transmettre le virus tout en étant immunisé.

Sur LCI, le 23 décembre 2020, le professeur Yves Buisson rappelle qu’une personne vaccinée contre le Covid-19 pourra tout de même être contagieuse.

On n’a pas encore assez de recul pour répondre à toutes ces questions. Ce qui est certain, c’est que ce vaccin n’empêchera la contamination d’une personne.
La personne vaccinée peut être contaminée. Cette personne vaccinée peut continuer de porter le virus et le transmettre.

Du côté de Harvard, à la question : “le fait de vous faire vacciner vous empêchera-t-il d’infecter d’autres personnes ?”, le portail consacré au coronavirus de l’école de médecine de l’université de Harvard répond :

Nous ne savons pas.

Comme l’indique ce portail, il est possible qu’une personne vaccinée puisse avoir le virus se répliquant dans son nez et sa gorge, même si elle est protégée contre la maladie.

 

3 – La décision du Conseil d’Etat du 3 mars 2021

Le Conseil d’État a rendu le mercredi 3 mars 2021, une décision en urgence qui vient livrer quelques enseignements.

Les enfants d’une résidente d’un Ehpad, choqués par l’interdiction faite à leur mère de sortir librement, ont saisi en urgence, le juge des référés auprès du Conseil d’État car ils considèrent que ces restrictions portent une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale : celle d’aller et venir.

En effet, le ministère des solidarités et de la santé avait diffusé « des recommandations » à l’attention des établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes (EHPAD), prévoyant que « les sorties dans les familles et pour des activités extérieures sont suspendues temporairement jusqu’à nouvel ordre ».

Ces enfants relèvent que « de telles mesures d’enfermement (…) s’appliquent de manière indifférenciée aux résidents sans distinguer selon qu’ils sont vaccinés ou non (…) ».

Cet argument a ainsi obligé les parties et le juge à aborder la question de l’efficacité des vaccins contre la Covid-19.

Et là, le juge relève l’argumentation avancée par le ministère des solidarités et de la santé dans le cadre de cette instance : « L’administration fait néanmoins valoir, d’une part l’existence d’études récentes invitant à la prudence quant à l’absence de contagiosité des personnes vaccinées, d’autres part, l’incertitude scientifique sur l’immunité conférée par la vaccination en cours à l’égard des variants du virus, enfin la survenue de foyers de contamination de résidents et de personnels dans certains EHPAD où la campagne de vaccination a eu lieu ». Autrement dit, le ministère de la santé, lui-même, semble remettre en cause l’efficacité des vaccins contre la Covid-19 en se fondant notamment sur des études « récentes ».

Mais, le juge rappelle à ce ministère les informations qui ont été diffusées auprès de la population.

  • D’abord, le juge rappelle les « objectifs » d’une instruction interministérielle, en date du 15 décembre 2020, du ministre des solidarités et de la santé et du ministre de l’intérieur ; instruction ayant précisé le cadre de mise en œuvre de la première étape de la campagne nationale de vaccination qui était affichée comme étant l’une des mesures prises pour lutter contre l’épidémie : « la stratégie nationale de vaccination Covid-19 a pour objectifs principaux de faire baisser la mortalité et les formes graves de la maladie, de protéger les Français et notre système de santé et de garantir la sécurité sanitaire de tous les patients ».
  • Puis, le juge relève ce qui a été affirmé par la haute autorité de santé (HAS) dans un avis rendu public le 30 novembre 2020 qui « définit comme personnes prioritaires pour la vaccination des personnes susceptibles de développer les formes graves de la maladie. La première étape de la campagne de vaccination concerne ainsi (…) les personnes âgées résidant » dans ces EHPAD notamment.
  • Ensuite, le juge rappelle aussi les affirmations que cette HAS a tenues dans un autre avis en date du 23 janvier 2021 : « la Haute autorité de santé présente cependant comme une connaissance scientifique acquise à ce stade « la réponse immunologique satisfaisante et une efficacité vaccinale similaire à celle retrouvée chez les personnes les plus jeunes » chez les personnes âgées pour les deux vaccins à ARN Messager en cours d’utilisation. En outre, selon les informations données sur le site du ministère « les vaccins permettent de prévenir lors d’une contamination le développement d’une forme grave de la maladie » et les cas constatés de nouvelles contaminations dans quelques établissements ne concerneraient en réalité que les personnes n’ayant reçu qu’une dose ».

Le ministère des solidarités et de la santé se trouve donc face aux informations, pour le moins inexactes et contradictoires, qui ont été diffusées par ses soins et par la haute autorité de santé notamment.

Le juge de l’évidence a donc décidé d’accueillir favorablement la demande des enfants de cette résidente : il a prononcé la suspension de ces recommandations qui « prescrivent d’interdire les sorties des résidents des EHPAD » (cf. Ordonnance du 3 mars 2021, N°449759). Et alors que ces requérants n’avaient sollicité que « 3 000 euros » au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative, le juge met à la charge de l’État la somme de « 3 500 euros » qui doit être versée à ces enfants.

Donc, en résumé :

  • D’un côté, l’Etat a milité massivement en faveur de la vaccination, vantant les mérites des vaccins et notamment la protection d’autrui
  • De l’autre côté, l’Etat exprime des sérieux doute quant à l’efficacité des vaccins, notamment sur la transmission du virus, et interdit donc aux personnes vaccinées de circuler librement.

Cette affaire nous apporte ainsi la preuve que l’Etat ignore totalement l’efficacité des vaccins auprès des personnes âgées et leur influence sur la transmission à autrui du virus.

Une information corroborée le 18 février 2021, par le ministre des solidarités et de la santé, qui avoue que la preuve n’est pas apportée que ces vaccins contre la Covid-19 préviennent contre notamment les formes « graves » de cette maladie. (cf. cette conférence à partir de 34min 44s cliquer ici).

 

4 – Conséquences pratiques

Deux conséquences importantes.

 

3.1 – Le port du masque et le respect des gestes barrières

La première, c’est qu’il faudra continuer à porter un masque pendant plusieurs mois et maintenir cette vigilence. Le 3 décembre 2020, le ministre de la Santé Olivier Véran déclarait en effet :

Il faudra rester ensemble vigilants, par exemple maintenir les gestes barrières, continuer de se faire tester, procéder au traçage des cas contacts. Bref, nous resterons pendant certains mois aux prises avec la réalité qui est la nôtre depuis quelque temps déjà.

Pour toutes ces raisons, les experts insistent sur le fait que, même après avoir été vaccinés et jusqu’à ce que nous ayons plus d’informations, nous devons continuer à prendre des précautions telles que l’utilisation du masque et la distanciation sociale.

“Si vous faites partie des premiers groupes de personnes à se faire vacciner, il est préférable de continuer à porter des masques et de maintenir une distance physique pour protéger les autres qui n’ont pas encore été vaccinés”, indique le site web de Harvard.

3.2 – Vacuité de l’argument altruiste

La seconde, c’est que cette incertitude met à néant l’argument altruiste de la vaccination : “on ne se protège pas seulement soi-même mais on protège surtout les autres”. Notamment papy et mamy qui n’ont probablement rien demandé.

Et son corollaire culpabilisant vis-à-vis de ceux qui ne souhaitent pas se faire vacciner.


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